
- Bruno LEDUC
otre fille Pauline a participé la première au spectacle, il y a … quelques années, il faut demander à Christine. Moi, j’ai commencé comme figurant, j’étais meunier et soldat italien. En même temps, je donnais un coup de main aux accessoiristes. C’est un travail de l’ombre, il faut réparer les épées, les hallebardes ou les échoppes, faire preuve d’inventivité pour mettre au point des systèmes compliqués que le public ne voit pas, et puis toutes les petites choses auxquelles personne ne fait attention mais qui manqueraient à tout le monde si elles n’existaient pas. Maintenant, je gère la Commission des décors et accessoires.
Organiser l’équipe d’une trentaine de personnes, rénover, réparer bien sûr mais aussi aller de l’avant en inventant des solutions techniques aux idées de notre metteur en scène, telles sont mes missions. J’ai la chance d’être entouré de spécialistes du bois, du métal, du papier, du gros oeuvre, etc. Et surtout, je suis sûr que chacun connaît ses limites et n’ira pas s’engager dans un projet qu’il ne maîtrise pas. C’est très important quand on est bénévole, de ne pas s’investir au delà de ses compétences.
L’équipe est composée de gens qui sont très divers, de 20 à 70 ans, hommes, femmes, retraités, actifs, célibataires ou mariés. Nous travaillons dès la mi-octobre où nous faisons l’inventaire, et puis on définit les tâches, on les répartit, on travaille jusqu’au mois de mai. Là, ça s’accélère, nous disposons de dix jours pour tout monter à la fin du mois. Du matin au soir, c’est non-stop. Evidemment, c’est organisé autour de quelques gros (mais… vraiment gros !) travaux.
Pendant le spectacle, il faut gérer les accessoiristes, puis il faut démonter. Curieusement, il y a beaucoup moins de monde à ce moment…
Un exemple de l’esprit Leonardo : un des décorateurs a déménagé, il s’est établi un peu loin du Val d’Oise, on ne l’a pas vu de l’année. C’est compréhensible, sa vie a changé, il a une copine… On ne l’a pas embêté avec le spectacle. Mais il a fallu quelqu’un pour monter un décor particulier, et il connaissait vraiment bien ce bazar. Un coup de fil a suffit, il sera là le jour voulu. On sait qu’on peut compter sur lui.
Max, figurant et fournisseur officiel de bonne humeur
Je connais le spectacle pour l’avoir vu en juin 2003. Dès la Foire de Domont qui a suivi, en septembre ou octobre, nous avons discuté avec les bénévoles qui tenaient le stand Leonardo, et nous nous sommes inscrits avec Mimi. Je voulais faire quelque chose, n’importe quoi, parce que le spectacle m’avait ébloui. Sur la fiche que j’ai remplie, on devait choisir entre Figurant, Décorateur, Couturière, Placier, et plein d’autres trucs. J’ai tout coché.
J’ai commencé à la couture avec Madeleine, j’y allais régulièrement donner un coup de main, des petites choses comme placer des oeillets sur les costumes, je faisais des travaux de couture, rien d’élaboré mais bon, je participais …
Puis je suis allé à une réunion des Décors et Accessoires. Là, chacun se présentait et parlait de son matériel, de ses compétences. Untel avait une scie circulaire, il pouvait réaliser tel ouvrage, tel autre disposait d’un atelier… Quand mon tour est venu, j’ai dit que j’avais juste un couteau suisse…
De plus, je travaillais le samedi et le dimanche, j’étais mal barré pour cette commission.
J’ai quand même réalisé un tangram et divers accessoires, dans mon coin. Un beau jour, j’ai présenté mes … saucissons en carton, mes poissons en papier mâché et d’autres bêtises qui devaient enrichir les échoppes dans le spectacle. Apparemment, ça a plu à tout le monde, puisqu’on les utilise toujours…
J’adore être figurant aussi, en tant que paysan, soldat, serviteur et … moine depuis l’année dernière. Je m’en moque du rôle, le plus important c’est le plaisir que je prends. D’année en année, je laisse la place aux nouveaux, inutile de faire 36 fois la même chose, il faut découvrir d’autres activités et s’enrichir d’expériences nouvelles. J’adore ça !
Crédit photos : Jérôme kERFERCH

